La sophrologie et le Yoga Nidra
Cette discipline est très récente, puisqu’elle a été créée en 1960 par le neuropsychiatre Alfonso Caycedo. De ses propres aveux, il s’est inspiré des techniques de Yoga et tout particulièrement de celle du Yoga Nidra créée par Swami Satyananda qui lui, a modernisé et simplifié une technique multimillénaire qui s’appelle « Nyasa », mais comme beaucoup d’occidentaux obnubilés par les résultats rapides et par la médecine symptomatique, il n’en à étudié que les toutes premières étapes.
Dans cette pratique, le patient étant le plus souvent en position allongée ou semi allongée, il s’agit de l’emmener ou de l’accompagner dans un état dit « subliminal », état dans lequel le voile qui sépare la conscience de veille et une part de l’inconscient est mince voir annihilé temporairement. Le patient est conscient, présent, entend tout, perçoit tout, y compris ses propres pensées et émotions, mais ne réagit pas, il est comme un spectateur à la fois de l’extérieur et de l’intérieur de lui-même ! Cela correspond à l’état de « pratyahara mental » dans le Yoga et que certain appelle abusivement « méditation pleine conscience » (voir ce sujet dans cette rubrique)
L’état dit subliminal :
Cet état nous donne accès aux ressources infinies de l’inconscient et à un pouvoir de guérison totale tant physique que psychique, voir même de notre créativité. C’est un état dans lequel toutes suggestions constructives peuvent engendrer des changements profonds et durables, mais nous jouons là avec un univers qui nous est pour la plupart, totalement inconnu et qui se moque des lois de notre logique intellectuelle et de nos croyances toutes faites.
Dans la sophrologie :
La méthodologie consiste à progressivement amener le patient vers une intériorisation en lui faisant quitter temporairement la dépendance réactionnelle de ces perceptions sensorielles. Le thérapeute commence rarement par quelques exercices pour dénouer le corps de ses tensions, il utilise plus fréquemment quelques exercices de respirations, puis vient une phase capitale, la rotation de conscience qui consiste à passer en revue tout ou une partie du corps. Le patient est ainsi conduit progressivement proche de l’état subliminal. A partir de cet instant commence généralement la démarche thérapeutique.

Dans la démarche thérapeutique de la sophrologie, exemples :
Exemple 1 : Un patient souhaite procéder à un sevrage à la cigarette. Arrivé dans l’état subliminal, le thérapeute suggère une pensée ou action positive : « répétez mentalement : « à partir d’aujourd’hui je ne fumerai plus que 10 cigarettes par jour ». Alors que le patient en fume une vingtaine par exemple.
- Premièrement : le poids des mots, l’intonation, phrase affirmative ou négative. Le « ne pas » par exemple pouvant être perçu comme un interdit, pouvant nuire à l’équilibre psychique.
- Deuxièmement : Le plus dangereux et pouvant provoquer de bonnes réactions chez l’un, alors que chez un autre patient provoquer un véritable séisme à long terme ! c’est une suggestion de changements de comportement, d’habitude, de diminution ou suppression d’une addiction.
- Examinons les choses sous un autre angle : tous comportements, habitudes ou addictions permet d’entretenir un équilibre fragile, peur qui ne se manifeste plus à la conscience de veille depuis bien longtemps… engendrant une sorte d’équilibre…, ce qui reviendrait à dire que supprimer l’addiction brutalement sans considérer le pourquoi de cette addiction… le thérapeute se voit là, semer une bombe à retardement !
Exemple 2 : Une personne à peur de prendre l’avion ou bien éprouve de l’appréhension avant un examen ou avant une compétition sportive, ou encore avant un examen d’embauche… engendrant un stress négatif source de fatigue. Dans un tel cas, le thérapeute pourra proposer d’utiliser une imagerie mentale qui consiste à associer une « image positive » d’un beau paysage, d’une œuvre d’art ou une situation relaxante avec l’anticipation mentale du déroulement de l’évènement concerné. En répétant cette exercice plusieurs fois, le patient pourra faire appel à cette sorte de routine réactionnelle afin d’aborder l’événement avec plus de sérénité.
- Premièrement : « l’image positive » doit être déterminée après un entretien avec le patient, mais il arrive assez souvent que le patient décrive des concepts ou images positives juste parce ceux-ci font partie des codes relationnels et idéologiques de son entourage et qui n’ont rien à voir avec son véritable ressenti ou perception. C’est ainsi qu’une image déterminée comme positive intellectuellement peut revêtir un aspect négatif et engendrer à terme un effet délétère.
- Deuxièmement : les Yogis nous enseignent que l’inconscient fonctionne avec des symboliques, des archétypes, nous raccordant aux ressources énergétiques même de la création que sont : Amour, Paix, Communion, Joie, Sagesse… il est donc plus judicieux d’aller chercher la source de cette force d’agir et d’être.
La méthode du Yoga Nidra telle que nous l’enseignons :
C’est un processus très structuré faisant appel à des connaissances symboliques et neurologiques pour l’essentiel. Après une préparation corporelle (asanas) et respiratoire (Pranayama) qui libère une grande partie des tensions physiques et émotionnelles, l’adepte est rapidement plongé dans cet état de retrait sensoriel (Pratyahara) qui est renforcé par différents préparatifs, ainsi que la rotation de conscience basée sur des connaissances de l’architecture cérébrale. Les phases suivantes inviteront l’adepte à s’abreuver à cette source, notre nature propre que sont Paix, Joie, Amour… puis au travers d’une imagerie et une symbolique énergétique spécifique s’entrainer à devenir le témoin de nos propres réactions/émotions, qui au vu de cette source devient de plus en plus insignifiante, jusqu’à en faire même des alliés de leur construction, de leur épanouissement, de leur « Liberté ».
Métaphore : Imaginez que votre inconscient est un jardin très fertile, tout ce que vous y semé prend forme ! mais vous ne savez pas quelle forme ! car une même graine peut donner une magnifique fleur ou une fleur empoisonnée. En ce lieu rien ne réagit comme peut l’imaginer notre intellect et notre logique, il y a des codes, des lois inhérentes à l’origine de la création, à la source même de la vie. Les anciennes civilisations les connaissaient sous la forme de symboles, de mantra et autres formes, que les Yogi nous ont transmis.
Swami Upendra
